Philosophie

Qu’il soit un jeune engagé ou un soldat du feu et de la vie plus chevronné, le sapeur-pompier de Paris passe régulièrement entre les mains du personnel du groupement formation instruction et de secours (GFIS) de la Brigade. C’est un lieu privilégié pour éduquer et former à l’éthique, et les instructeurs du GFIS n’oublient jamais cette discipline, dispensée selon leur public sous forme de cours ou de simples piqûres de rappel. 
L’adjudant-chef Le Bretton explique :
On cherche à faire comprendre aux jeunes recrues qu’il existe certes des règles professionnelles, mais, qu’au-delà, il y a aussi des règles morales et comportementales. Pour les cadres, on travaille essentiellement sur des cas concrets, issus de leur expérience, et on établit à partir de là une discussion, un échange. On tente également de donner des solutions. 
Les anciens sapeurs-pompiers de Paris ont eux aussi un rôle primordial à jouer dans la transmission des valeurs et la culture de l’éthique. Gardiens de nombreuses traditions, piliers de la plupart des cérémonies commémoratives, ils sont la mémoire de l’Institution. Ils occupent ainsi une fonction fondamentale auprès de la jeune génération, en se rendant régulièrement au sein des centres de secours. Car la réputation dont jouissent les sapeurs-pompiers de Paris d’aujourd’hui s’explique en partie à travers l’exemplarité dont ont fait preuve leurs aînés par le passé. Et de la même façon, du comportement des soldats du feu et de la vie d’aujourd’hui dépendra l’estime que la population portera à ses sapeurs-pompiers de demain.

Qu'est-ce que l'éthique ?

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L’éthique, telle qu’elle est caractérisée dans sa définition, est une « science qui traite des principes régulateurs de l’action et de la conduite morale * ». Pour affiner, on pourrait dire que l’éthique correspond à un ensemble de règles morales et pratiques s’appliquant à un milieu humain, et ayant pour but d’exposer à ceux qui y vivent la façon de se comporter, d’agir ou d’être (entre eux et envers leur environnement). Pour simplifier, l’éthique vise à répondre à la question : « Comment agir au mieux ? ».
 
Il existe différentes formes d’éthique, que l’on peut distinguer par leur champ d’application (l’environnement, la médecine, l’informatique ou l’activité opérationnelle pour les sapeurs-pompiers par exemple) ou par leur fondement culturel (religion, traditions...). Mais l’éthique n’est pas uniquement un concept théorique. Elle engage à des actions bien concrètes (« ne pas faire ceci », ou « agir comme cela ») et à l’adoption d’un comportement particulier dans le respect de soi-même et des autres. Elle peut donc, au final, être qualifiée d’activité pratique, car le principe n’est pas d’acquérir un savoir ou une sagesse, mais d’agir dans la société d’une façon responsable.

Morale et déontologie

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La distinction entre éthique et morale n’est pas évidente, puisque leurs définitions se confondent parfois en fonction des philosophes ou sociologues qui travaillent sur la question. D’ailleurs, dans la plupart des dictionnaires, la définition du mot « éthique » renvoie à celle de « morale », et inversement... Beaucoup d’entre nous ont ainsi tendance à employer ces deux mots avec une certaine synonymie. On pourrait, en effet, tendre à penser – et à raison d’ailleurs – que morale et éthique visent à déterminer une manière de vivre reconnue comme convenable dans un environnement et un groupe social définis. Cependant, certains penseurs contemporains apportent une note de distinction entre ces deux termes.
 
Citons, par exemple, André Comte-Sponville, philosophe français, membre du Comité consultatif national d’éthique :
L’éthique est un art de vivre. On pourrait dire que la morale commande et que l’éthique recommande.
On rattache ainsi généralement à la notion de morale un ensemble de devoirs, et à celle de l’éthique l’adoption d’une attitude raisonnable dans la recherche du bon.
 
Éthique et morale ne sont pas à confondre non plus avec la notion de déontologie. Cette dernière est caractérisée par un « ensemble de règles morales (ou éthique ?) qui régissent l’exercice d’une profession ou les rapports sociaux de ses membres * ». Il s’agit donc d’obligations professionnelles que les membres du groupe s’engagent à respecter pour se conformer à un code d’éthique lié à la profession. Chez les sapeurs-pompiers de Paris, l’obligation de réserve et de discrétion font, par exemple, partie du code de déontologie, mais leur application s’inscrit dans une démarche éthique vis-à-vis de la population qu’ils défendent.

Valeurs et attitude

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Le terme « valeurs » fait également partie du vocabulaire courant pour désigner un sapeur-pompier, qu’il soit de Paris ou non. Le courage, le dévouement, l’abnégation, l’altruisme sont autant de valeurs indissociables de la profession. Ce terme est donc étroitement lié à celui d’éthique. Un certain nombre de valeurs, organisées entre elles, permettent d’élaborer une éthique qui, en retour, apporte un sens et une cohérence à l’ensemble de ces valeurs. L’exemple le plus parlant pour les soldats du feu est très certainement celui de l’Éthique du sapeur-pompier , définie par le général Casso, qui commanda la Brigade de 1963 à 1970. Trois valeurs principales sont recensées pour définir cette éthique : l’altruisme, l’efficience et la discrétion.
 
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