Panorama de Portes de Paris, fortifications et enceinte de Thiers

L'enceinte de Thiers a été créée entre 1841 et 1844 autour de Paris, à la suite d'une proposition d’Adolphe Thiers. Englobant la totalité de la capitale, l'enceinte recouvre alors les actuels boulevards des Maréchaux.

Elle a une superficie totale de près de 80 km² et s'étend sur 33 km de long, en suivant de près les limites actuelles de la commune de Paris.
Désignée familièrement sous le terme des « fortif' », elle était constituée de 94 bastions, 17 portes, 23 barrières, 8 passages de chemins de fer, 5 passages de rivières ou canaux et 8 poternes.
Les ouvrages étaient desservis et approvisionnés par la rue Militaire, secondée par une ligne de chemin de fer, la ligne de Petite Ceinture.
En avant du mur d'enceinte, de son fossé et de sa contrescarpe se trouvait une bande de terre de 250 m de large.

Désignée comme zone non constructible, elle fut occupée par des bidonvilles dès la fin du XIXe siècle, avec l'abandon de sa fonction militaire. Cette bande était désignée comme « la Zone ».

Son origine remonte à Louis-Philippe, proclamé roi des Français en 1830, qui est convaincu que la clé de la défense du territoire consiste à empêcher Paris de tomber trop facilement aux mains d'armées étrangères comme en 1814. Aussi conçoit-il le projet de construire autour de la capitale une enceinte de fortifications qui rendrait la ville imprenable. 

Un premier projet est présenté à la Chambre des députés au début de 1833 par le maréchal Soult, président du Conseil et ministre de la Guerre.

Il suscite d'emblée une très vive résistance de la part de la gauche, dont les orateurs soupçonnent – ou feignent de soupçonner – de la part du gouvernement des arrière-pensées de politique intérieure : on affirme que les fortifications sont en réalité destinées non à défendre la France, mais à menacer les Parisiens au cas où ils viendraient à se révolter contre le pouvoir royal.

Le budget pour la construction de l'enceinte est attribué en 1841. Les fortifications sont terminées en 1844.

À leur construction, les fortifications englobent non seulement Paris, mais des communes situées autour de la capitale : Montmartre, La Villette, Belleville, Charonne, Bercy, Montrouge, Vaugirard, Auteuil, Passy et Batignolles-Monceau.

Avec leur annexion en 1860, Paris étend ses limites directement jusqu'à l'enceinte de Thiers. L'enceinte devient obsolète dès la fin du XIXe siècle du fait de l'augmentation de la portée de l'artillerie, en particulier celle de l'armée allemande en 1871. Son démantèlement est envisagé dès 1882.

« La Zone » est peu à peu occupée par des constructions sauvages et abrite environ 30 000 personnes au début du XXe siècle.

Les fortifications sont détruites à partir de 1919. Leurs emplacements font d'abord place à des terrains vagues, qui sont progressivement réhabilités à partir des années 1930 par la construction de logements sociaux (les habitations à bon marché, ou HBM), d'équipements sportifs et de parcs.

Le boulevard périphérique de Paris est construit au-delà de l'emprise proprement dite de l'enceinte de Thiers, en bordure de « la Zone », et continue de matérialiser la séparation entre Paris et sa banlieue.