L'incendie du Palais des Tuileries en 1871

Après la guerre franco-prussienne, la captivité de Napoléon III, le départ pour l’Angleterre de l’impératrice qui refusa d’abdiquer pour préserver les chances de son fils d'accéder au trône impérial, et la chute du Second Empire; le palais des Tuileries se trouva désaffecté.

Devenue maîtresse des lieux, la Commune fit des Tuileries le théâtre de fêtes et de concerts : des "concerts communards" eurent ainsi lieu dans le salon des Maréchaux. Le 10 mai 1871, une soirée artistique fut organisée au profit des blessés de la Garde nationale. Le 18, trois concerts consécutifs eurent lieu, attirant une foule immense. Ceux-ci étaient, dans la pensée des organisateurs, le prélude à l'incendie du palais : ils voulaient s'assurer que la population accepterait l'idée de la destruction de ce dernier. Installé aux Tuileries avec son état-major, le chef fédéré Bergeret déclara : « Quand je quitterai les Tuileries, les Tuileries seront en cendres ».

Les 22 et 23 mai, les communards Dardelle, Bergeret, Benot, Boudin et Mabeuf firent passer dans la cour cinq fourgons chargés de barils de poudre, bonbonnes de pétrole, de goudron liquide et d'essence de térébenthine qu'ils rangèrent sous le péristyle du pavillon central.

Le 23, une trentaine de fédérés sous les ordres de Bénot, garçon boucher, Bergeret et Boudin parcourut tous les appartements du palais et aspergea murs et planchers à pleins seaux de pétrole. Un baril de poudre fut placé dans le vestibule du pavillon de l'Horloge, trois en bas de l'escalier d'honneur, tandis qu'un amas de matières inflammables était stocké dans le salon des Maréchaux. Ils enduisirent de goudron l'autel et l'orgue de la Chapelle et les boiseries du théâtre. Le feu fut allumé par Benet et l'incendie embrasa immédiatement tout l'édifice. Peu avant 9 heures du soir, l'horloge du palais s'arrêta sous l'action du feu. Vers 11 heures, une explosion secoua le pavillon central, laissant le dôme s'abîmer dans une gerbe de flammes.

Le palais brûla pendant trois jours, fondant les bronzes, réduisant les marbres en poussière. Bergeret et ses hommes, ayant commandé un repas froid, soupèrent sur la terrasse du Louvre en contemplant l'incendie. Le 27 mai, il ne restait plus des Tuileries que des pans de murs noircis.

L'histoire du palais des Tuileries est liée à une légende, celle de Jean l'écorcheur : boucher ayant son étal non loin du palais, il aurait été égorgé sur ordre de Catherine de Médicis au motif qu'il connaissait certains des secrets de la couronne. Au moment de mourir, il aurait dit : "je reviendrai". On ne retrouva cependant jamais son cadavre. Il serait ensuite apparu à l'astrologue Cosme Ruggieri, auquel il aurait prédit la déchéance des occupants futurs du château et sa propre disparition en même temps que le palais. Connu sous le nom de « petit homme rouge des Tuileries », il hantait régulièrement le palais, son apparition annonçant toujours un drame à celui à qui il apparaissait.

Ainsi, en juillet 1792, il apparaît à la Reine Marie-Antoinette, peu de temps avant la chute de la Monarchie ; de même, en 1815, apparaît-il à Napoléon Ier, quelques semaines avant la bataille de Waterloo. Enfin il apparut à Louis XVIII et à son frère le comte d'Artois, quelques jours avant la mort du premier. Le 23 mai 1871, pendant l'incendie du palais, des témoins affirmeront que, alors que le dôme de la salle des Maréchaux s'effondrait dans les flammes, la silhouette du petit homme rouge apparut une dernière fois à une fenêtre du palais.

Maintenant vous savez que ce n’est pas la Commune qui est responsable de la destruction des Tuileries, mais un « petit homme rouge». Il était bon de rétablir la vérité!