Le Palais du Trocadéro

Plusieurs bâtiments et projets architecturaux se sont succédé à l'emplacement où va s'élever le palais du Trocadéro. À l'origine, les lieux font partie de l'ancien domaine du maréchal de Bassonpière, compagnon d'armes d'Henri IV. En 1651 est fondé par Henriette d'Angleterre un couvent de l'ordre de la Visitation, qui est détruit pendant la Révolution française.

En février 1811, l'empereur Napoléon Ier décide de la construction sur le site du palais du Roi de Rome, un édifice projeté pour être la résidence de son fils. Il devait être le centre d'une cité impériale administrative et militaire.

Sont ensuite envisagés successivement : en 1824, la « villa Trocadéro » est un projet immobilier centré sur une place semi-circulaire, laissant aux acquéreurs le choix de l'architecture, en 1839 un projet de tombeau pour Napoléon Ier, en 1841, une statue colossale de l’Empereur de 30 mètres de haut, en 1848 un monument à la Liberté, en 1858 un « phare ou fontaine monumentale » au centre d'une place circulaire accueillant le palais impérial et les hôtels des ministères, en 1868 une statue colossale de la « France intelligente éclairant le monde ». Mais rien de tout cela ne fut réalisé.

Puis on élèvera sur place un arc de triomphe provisoire et on posera la première pierre d'une caserne militaire qui ne verra jamais le jour. L'obélisque qui devait surgir au centre de la colline ne dépassera pas le stade du projet. Les bonapartistes proposeront encore une d'ériger en ces lieux le tombeau de l'Empereur, avant que les cendres ne trouvent leur place aux Invalides. Le terrain restera à l'état de friche jusqu'en 1876. Arriva l'exposition universelle de 1878.

Le palais conçu par les architectes Gabriel Davioud et Jules Bourdais, s'inspirait de la Giralda de Séville. Celui-ci comportait deux ailes, en forme de demi-cercle, reliées par une partie centrale, circulaire et flanquée de deux tours d’une hauteur de 80m, dans le style mauresque ou néo-byzantin. Sa façade était développée sur 430m.

Une immense salle des fêtes contenait 5000 places, et abritait un orgue splendide, inauguré le 8 août 1878 (il deviendra l’orgue de l’auditorium Maurice Ravel à Lyon)

Le palais du Trocadéro accueillit pendant son existence le musée des monuments français créé en 1879 par Eugène Viollet-le-Duc ainsi que le premier musée parisien d'ethnographie fondé par E. Hamy, ancêtre du musée de l'Homme. Les jardins du Trocadéro furent dessinés par Jean-Charles Alphand. À partir de 1880, un observatoire populaire, fondé par Léon Jaubert, y était installé.

Le palais sera finalement détruit, remplacé par le palais de Chaillot bâti pour l'exposition spécialisée de 1937, qui reprendra lui-même l'essentiel de l'ossature de l'ancien édifice (seule la partie centrale du palais du Trocadéro laissera la place à une esplanade).

Les parties démontées ont été déplacées : Les statues des Continents, le jeune éléphant pris au piège, le rhinocéros et le cheval à la herse sont maintenant près du Musée d’Orsay. Un taureau est à Nîmes. 7 mascarons des fontaines de Rodin se trouvent au Parc de Sceaux. Deux taureaux ont été placés à l’entrée des abattoirs de Vaugirard, actuellement Parc Georges Brassens.