Le Mobilier Urbain: les Colonnes Morris

Les colonnes Morris sont un des éléments typique du mobilier urbain Parisien. Implantés sur les trottoirs de la ville afin de lutter contre l’affichage sauvage très répandu au début du 19ème siècle, car à cette époque l’affichage publique n’est pas réglementé et toutes sortes de publicités sont exposées sur des urinoirs dotés d’un panneau d’affichage à l’extérieur, mais aussi sur les murs et les arbres.
 
Les « colonnes urinoirs » sont remplacées en 1868 par les colonnes Morris pour l’affichage et par les vespasiennes pour les lieux d’aisances. Ces colonnes doivent leur nom à l’imprimeur Gabriel Morris qui en a obtenu la concession à des fins publicitaires en 1868. Mais l’invention en revient au Berlinois Ernst Litfass qui les avait introduites à Berlin, dès 1854. A Berlin on les appellent Litfaßsäule, ou « colonne de Litfass ». Ces colonnes de forme cylindrique avaient pour vocation première l’affichage théâtral et cinématographique. Mais les Colonnes Morris servaient aussi d’entrepôt au matériel de nettoyage des rues de la capitale, et dissimulaient parfois même des toilettes publiques En 1839, le préfet de police Gabriel Delessert autorise l'installation des « colonnes moresques », supports d'affiches à l'extérieur et urinoirs à l'intérieur.
 
Sous le Second Empire, Jean-Charles Alphand perfectionne l'installation en isolant l'intérieur du regard par un écran et en éclairant l'intérieur avec un bec de gaz. La construction est redessinée par Gabriel Davioud, qui remplace la maçonnerie par une structure en fonte. La colonne Morris est en fonte verte, sa toiture est composée d’une marquise hexagonale, décorée aux angles de six mufles de lions, le tout surmonté d’un dôme bombé, décoré d’écailles et d’une flèche ornée de feuilles d’acanthe. Les colonnes Morris font à cette époque tellement partie du paysage parisien qu’on les retrouve fréquemment dans les tableaux des peintres de la Belle Epoque (Jean Béraud est le plus célèbre) mais aussi dans de nombreux romans (de Proust, notamment).

La colonne Morris devient rapidement un des symboles de Paris, au même titre que les fontaines Wallace et les entrées de métro d’Hector Guimard, et leur installation à partir de 1860 dans les communes limitrophes marquera l’annexion de ces dernières à la capitale.