Boutiques de Paris 1945-1950

Le décor des boutiques parisiennes

Jusqu’au 17e siècle, les clients n’entrent pas dans la boutique mais ont accès à un comptoir, directement accessible depuis la rue. Au 17e siècle, ils sont désormais accueillis à l’intérieur, dans un décor de dorures et de glaces. A partir de la fin du 18e siècle, notamment après la Révolution, le décor se porte sur la devanture : en effet, on est alors capable de réaliser de grandes vitres qu’on utilisera pour les vitrines et de concevoir différents modèles de lampes à huile pour les éclairer. Par ailleurs, les piétons peuvent désormais circuler sur des trottoirs.
Après les magasins de luxe, les commerces d’alimentation font également l’objet d’une décoration soignée. A Paris, les travaux haussmanniens vont accélérer ce mouvement.

C’est au milieu du 19e siècle que des ateliers spécialisés dans le décor des boutiques font leur apparition : la maison Thivet est fondée en 1854, Benoist en 1868, Anselm en 1887, Raybaud en 1912. Ces ateliers emploient une dizaine de personnes. Ils travaillent avec des entreprises d’installation de magasins qui servent d’intermédiaires. Les thèmes décoratifs, très stéréotypés, sont puisés, entre autres, dans la peinture du 18e siècle (Boucher) et dans celle du 19e siècle qui présente la vie rurale (Millet). Les paysages rappellent la peinture de l’Ecole hollandaise ou de l’Ecole de Barbizon. Les motifs décoratifs sont adaptés à la spécificité de la boutique: un ange musicien sera ainsi transformé en ange pâtissier par l’ajout d’une toque. C’est toutefois le même répertoire décoratif qui est utilisé d’une boutique à l’autre. L’apogée de ces décors se situe vers 1900. Après la Première Guerre mondiale, le goût évolue et les décors peints disparaissent petits à petit au profit de nouveaux matériaux.